MNNQNS

ROCK

« L’idée c’était clairement d’écrire la meilleure chanson du monde pour la saloper sans respect ». Quand on demande aux jeunes membres de MNNQNS (pour Mannequins) pourquoi ils ont fondé un groupe de rock, la réponse compte double. Non seulement ils ne sont pas loin d’avoir réussi, mais leur rock à la fois new-yorkais dans la hargne et anglais dans les refrains pop ressemble à une gigantesque partie de Scrabble où les mots TELEVISION et BLUR se croiseraient sur un même plateau. Sans voyelles, forcément.

Issu d’une ville (Rouen) depuis longtemps branchée sur le compteur électrique (les Dogs, Olivensteins ou encore le label Sordide Sentimental), MNNQNS impose donc depuis ses débuts en 2013 une vision du rock qui chope l’auditeur par le col et le secoue pendant 3 minutes en moyenne. L’idée, à chaque fois, est simple : nous faire oublier toutes les mauvaises copies de rock anglo-saxon et les « bébés rockeurs » désormais tous en maison de retraite, effacer le terme « revival » qui n’a pas sa place ici, et prouver que les guitares peuvent encore sauver des vies. Celles des membres du groupe d’abord, révélés par leur premier EP « Capital », publié en 2016, et sur lequel des titres comme Straight To My Bones prouvent que ces chiens fous sont tout sauf des décalcomanies des Libertines et consort. Et ce même si Adrian, le leader, a fait ses gammes au Pays de Galles, et MNNQNS a déjà joué à Londres, capitale du boucan, en surprenant le public grâce à son songwriting « FCKNG GRT ».

Plus qu’un groupe, MNNQNS, c’est d’abord un clan. Où l’on groupe quatre musiciens enragés autour desquels gravitent d’anciens membres ; de l’ancien batteur Florent désormais chargé de la réalisation des clips, jusqu’à Robin l’ex guitariste qui mixe les morceaux. Tous ensemble, ces garçons de leur époque rêvent très haut, très fort, s’imaginent un jour jouer à Glastonbury et peuvent déjà se réjouir d’être passés par la case Rock en Seine en 2017.
C’est certainement cette envie de crever l’oreiller, pour citer Bashung, qui a récemment permis à MNNQNS de gagner le Prix Société Ricard Live Music, et qui leur ouvrira les portes d’une tournée dans toute la France pour répandre la bonne parole. Révélés lors de la finale du Prix par leur session explosive du titre NotWhatYouThoughtYouKnew puis par leur prestation habitée au Café de la Danse, les Rouennais semblent en avoir encore sous la pédale.

Au cas où vous n’auriez pas compris, 2018 devrait donc être leur année, et sans décalage horaire. Non seulement le groupe publiera le 13 avril, grâce au dispositif Ricard Live Music, les 3 titres branchés sur 220V et le live de NotWhatYouThoughtYouKnew en bonus track sur un nouvel EP 4 titres. Mais de l’autre côté de la Manche, on a aussi entendu leurs accords de guitare : le même EP sortira simultanément sur le prestigieux label anglais FatCat, déjà connu pour avoir signé des pointures comme Animal Collective, Traams ou Sigur Rós. Comment on dit « boucle bouclée » en Anglais ?
A partir de là, ce sera à vous de réviser votre géographie. Les mecs de MNNQNS ont, quant à eux, déjà trouvé leur ville idéale : ça s’appelle Manchester-sur-Seine et les habitants y parlent une langue étrange où tout le monde hurle comme feu Mark E. Smith de The Fall. On vous souhaite un bon voyage à leurs côtés, car les MNNQNS, comme leur nom l’indique, sont tous sauf des pantins.
Texte signé Bester de Gonzaï.

BORN IDIOT

ROCK

Un pied solidement ancré dans une enfance révolue, l’autre fuyant la grisaille de l’âge adulte : le syndrome de Peter Pan a frappé de plein fouet les Born Idiot. Avec « Afterschool », leur premier album autoproduit, ces adorables détraqués ont su relater les errances d’une jeunesse passée à se nourrir de rock, de jazz, et de bières sur les pavés de Rennes. Il y a dans leur musique la douceur et la nostalgie des premières fois, mais aussi toute la fougue incontrôlable de la jeunesse. Born Idiot sont de ceux qui nous font trinquer à ce que nous étions, ce que nous sommes, et ce que nous serons.

PROMO 2018 Born Idiot